Millésime 2007 — Précoce et fugace

Un millésime en accéléré

2007 fut une année où tout est allé vite : débourrement précoce, floraison précoce, maturation précoce, vendanges précoces. La Champagne en time-lapse. Le résultat : des vins accessibles et sans complications, qui possèdent rarement la profondeur et la complexité que recherchent les amateurs de champagne.

Le climat en 2007

2007 fait partie des millésimes précoces de la Champagne. L'hiver fut exceptionnellement doux — l'un des plus chauds depuis le début des relevés météorologiques. Le printemps suivit la tendance : chaud et sec. Les vignes ont débourré deux à trois semaines plus tôt qu'à l'accoutumée, et la floraison s'est achevée dès fin mai / début juin.

L'été fut globalement décevant. Juillet apporta des températures inférieures à la moyenne et beaucoup de pluie — un revers cuisant après le printemps prometteur. Août fut un peu meilleur, mais sans être exceptionnel.

Septembre se montra mitigé : quelques phases ensoleillées permirent une maturation finale correcte, mais les raisins n'atteignirent pas partout la concentration souhaitée. Les vendanges commencèrent exceptionnellement tôt, dès la première semaine de septembre.

Le tableau d'ensemble : une année qui commença bien puis perdit son élan. La combinaison d'un hiver doux, d'un été humide et de vendanges précoces donna une vendange de qualité modérée.

Style du millésime

Les champagnes 2007 sont légers et sans complications :

  • Fruits clairs — pomme verte, citron, groseille à maquereau
  • Corps léger — filigrane, presque fragile
  • Acidité fraîche — vive, mais sans grande colonne vertébrale
  • Peu de profondeur — les vins restent en surface
  • Maturité rapide — la plupart étaient à point après quelques années

Ce sont des champagnes que l'on pourrait qualifier de "gentils" — et ce n'est pas un compliment en Champagne. "Gentil" signifie : rien de mal fait, mais rien d'exceptionnel non plus.

Performance des cépages

Dans une telle année de transition, aucun cépage ne fut vraiment remarquable :

Le Chardonnay livra un matériau frais et propre, mais resta en surface. La profondeur et la minéralité typiques de la Côte des Blancs ne se développèrent pas pleinement.

Le Pinot Noir était correct, mais sans poids. La courte période de maturation ne permit pas une maturité phénolique complète, ce qui se traduisit par des vins plus légers et axés sur le fruit.

Le Pinot Meunier fut — comme souvent dans les années moins exigeantes — l'élément le plus fiable. Fruité, accessible, sans complications.

Comparaison : dans l'ombre de 2008

Le destin de 2007 fut de se situer juste avant l'un des plus grands millésimes modernes. Le contraste avec 2008 est brutal :

Propriété 2007 2008
Date de récolte Très précoce Tardive
Acidité Modérée Très élevée
Concentration Faible Élevée
Potentiel de garde Court Énorme
Cuvées de prestige Peu Presque toutes

2007 est la première partie, 2008 l'attraction principale. C'est aussi simple que cela.

Peu de déclarations millésimées

La plupart des grandes maisons renoncèrent à une déclaration millésimée. Le matériau était tout à fait bienvenu pour les assemblages non millésimés — frais, fruité, immédiatement utilisable —, mais pour des champagnes millésimés autonomes, il manquait profondeur et structure.

Quelques vignerons du secteur des champagnes de récoltants ont mis en bouteilles du 2007, souvent comme millésime d'entrée de gamme ou vin de parcelle. Ces bouteilles peuvent être intéressantes si on les trouve à bon prix — sans attentes, en apéritif, sans prétention à la profondeur.

Contexte historique

2007 s'inscrit dans une série de millésimes "faibles" qui reviennent régulièrement en Champagne. Ce sont les années qui font fonctionner le système non millésimé. Sans des millésimes comme 2007, il n'y aurait pas les vins de réserve qui permettent aux grandes maisons de produire chaque année un champagne non millésimé cohérent.

D'une certaine manière, ces années "faibles" sont donc d'importance systémique. Elles remplissent les cuves qui se vident lors des grandes années. Sans 2007, pas de Brut Sans Année cohérent.

Maturité de dégustation aujourd'hui

La très grande majorité des 2007 sont aujourd'hui passés leur apogée. Sans structure particulière ni acidité élevée, ces vins manquent de substance pour un long vieillissement. Qui possède encore une bouteille devrait l'ouvrir prochainement — et ne pas trop s'attendre.

Si la bouteille est bonne : tant mieux. Sinon : direction la cuisine. Le champagne 2007 devenu fatigué se prête parfaitement comme ingrédient culinaire.

Conclusion

2007 est un millésime qui ne fait de mal à personne et n'enthousiasme personne. Un travailleur silencieux en arrière-plan, qui a apporté sa contribution au grand ensemble. Aucune raison de s'affliger, aucune raison de se réjouir. Simplement une année dans la longue histoire de la Champagne.

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